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Gérer l'hyperactivité

Il existe une tendance bien installée, qui consiste à définir l'hyperactivité, en particulier chez l'adulte, sous un angle pathologique. C'est par exemple le point de départ de l'ouvrage Comprendre et soigner l’hyperactivité chez l’adulte de François Bange et Marie-Christine Mouren-Siméoni (Dunod).

Cette tendance, si elle se justifie, présente néanmoins un caractère quelque peu réducteur. Le parti pris de cette note, et de ce blog en général, consiste plutôt à défendre une définition plus neutre de l'hyperactivité. Si l'on définit simplement l'hyperactivité comme le besoin constant de s'adonner à des activités, sauf quand on dort, dès lors l'hyperactivité peut effectivement devenir pathologique comme elle peut rester saine.

Certes il y a, parmi les hyperactifs, des anxieux, des dépressifs, des gens dépendants à l'alcool ou à certaines drogues, ou qui prennent d'autres risques (rapports compulsifs aux jeux d'argent), et ces personnes souffrent et sont amenées à rechercher un soutien extérieur, auprès de leurs proches ou auprès de spécialistes. Mais, quand on parvient à s'organiser, l'hyperactivité peut devenir un atout. L'ouvrage cité en arrive, d'ailleurs, à une conclusion similaire.

L'autre risque qui se présente alors, s'il ne relève plus de la psychopathologie à proprement parler, concerne le surmenage. La présente s'adresse donc aux hyperactifs aguerris qui savent déjà, depuis longtemps, tirer profit de leur extraordinaire implication dans la vie, mais qui n'ont pas encore pris conscience qu'il existe de ce fait un risque mortel accru.

Ce risque est bien connu. Tout le monde en a au moins l'intuition: "Une étude scientifique récente menée à grande échelle objective cette intuition puisqu’elle rend les conclusions suivantes: oui, travailler 55 heures ou plus par semaine expose à un risque significativement plus élevé de maladie coronarienne (c’est-à-dire touchant le cœur) par rapport à une population standard travaillant 35 à 40 heures par semaine. Et surtout, ce surmenage expose à un risque encore plus accru d’accident vasculaire cérébral" (http://www.e-sante.fr/surmenage-responsable-maladies-cardiovasculaires/actualite/564).

On l'a vu notamment au Japon (mais, en définitive, on le voit partout ailleurs): "Selon un rapport, un cinquième des Japonais fait plus de 80 heures supplémentaires par mois, le seuil à partir duquel le risque de mourir de surmenage est considéré comme sérieux" (source: http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2016/10/08/les-risques-de-mort-par-surmenage-inquietent-le-japon_5010375_3216.html).

Comment faire, alors, pour gérer au mieux l'hyperactivité organisée? La réponse tient à l'hygiène de vie. Contrairement au cercle vicieux dans lequel tombent les accros à la caféine ou, pire encore, à la cocaïne, c'est en limitant le plus possible les risques ailleurs que l'on augmente ses chances de bien vieillir tout en travaillant beaucoup, professionnellement et personnellement parlant.

L'hygiène de vie la mieux adaptée à tout défi soucieux de prévention, hyperactif ou non, repose sur des piliers que tout le monde connaît mais qu'il est absolument nécessaire de mettre en place si l'on en a les moyens et la possibilité: bien dormir, s'adonner à une activité physique quotidienne, boire régulièrement de l'eau dans la journée pour s'hydrater, avoir une alimentation saine (une piste: le régime hypotoxique ou ancestral du Dr. Jean Seignalet).

En complément, voici deux techniques simples, valables au bureau comme à la maison: tout en se concentrant sur l'objectif à atteindre, quel qu'il soit, penser à se détendre physiquement (l'effort s'accompagne inconsciemment d'une crispation qui, à la longue, contribue à l'accumulation de fatigue, or cette crispation n'est pas indispensable, et on peut la réduire en agissant sur sa posture, même si cela est plus difficile dans le cadre de métiers manuels); prendre une minute par heure pour respirer lentement.

Cette approche ne garantit rien, mais elle favorise la durée. Il existe des exemples illustres d'hyperactifs qui ont vieilli, dont plusieurs grands écrivains français du dix-neuvième ou du vingtième siècles. Parmi eux, certains avaient même un métier à temps plein, en plus de l'œuvre abondante qu'ils ont laissée. Louis-Ferdinand Céline (1894-1961), par exemple, était médecin. Cet article est un témoignage et un partage d'expérience. Il ne se substitue en aucun cas à un avis médical.

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https://www.bookelis.com/auteur/den-hoed-terence/11526

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